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Les écoles alternatives ont-elles besoin d'un plan de réussite?
En résumé...
Pourquoi une école alternative voudrait-elle se doter d'un plan de réussite dont le but ultime est de finir par la faire ressembler... à une école alternative? Pour l'aider à contrer les pressions qui la font ressembler à une école traditionnelle...
Une réflexion
en guise
d'apéro
«Elle sest successivement appelée "active", "sur mesure", "moderne", "nouvelle", "populaire", etc., et maintenant "alternative". Mais peu importe le vocabulaire ou la terminologie quon utilise, cette pédagogie, qui est davantage centrée sur lenfant et ses besoins, ne cesse de nous interroger, de nous défier ou
de nous déranger
[
]
Au Québec, il existe une trentaine de ces écoles "alternatives", en majorité au primaire, [
]»
La source
Les détails...
Les écoles alternatives ont-elles besoin d'un plan de réussite?
Oui, oui, non et oui.
Oui #1
Oui, parce qu'elles sont, pour la
plupart, régies par la Loi sur l'instruction publique... qui ne prévoit pas de clause dérogatoire.
Oui #2
Oui, si l'on adhère à la conception du plan de réussite que prônent et l'Université et les documents officiels proposés en soutien aux écoles (exemple) mais pas ce site (détails ici et là), c'est-à-dire une conception analytique qui consiste à
- établir le meilleur diagnostic possible (aucune école, si favorisée soit-elle, si alternative soit-elle, n'est exempte de défis à relever)
- de le faire en collégialité si possible
puis de rechercher, à la manière d'un bon plan d'affaires, les correctifs appropriés.
Non
Non si, comme ce site, l'on croit que le seul but qui soit à la fois souhaitable et surtout plausible suite à la mise en oeuvre d'un plan de réussite, c'est... justement ce dont jouissent déjà la plupart des écoles alternatives: une culture organisationnelle marquée par la collégialité, la collaboration, l'entraide, la co-responsabilisation, ...etc. (les correctifs susmentionnés émergeant alors d'eux-mêmes, la créativité se prêtant fort mal à la logique d'une planification a priori).
Autrement dit: pourquoi une école alternative devrait-elle utiliser un instrument tel le plan de réussite en vue de ressembler... à une école alternative?
Oui #3
Oui, une école alternative a besoin d'un plan de réussite si elle estime vivre l'une ou l'autre de ces problématiques:
- les pressions sociales et parentales sont telles (ex: le peu de débouchés au secondaire alternatif fait que la pression est forte pour préparer les élèves aux examens de sélection traditionnels) que l'école commence à tendre vers le pôle des écoles «ordinaires», donc à perdre certaines caractéristiques de son altérité (notamment au chapitre du rôle et de la place de l'évaluation des apprentissages)
- le contexte de pénurie et de renouvellement du personnel enseignant (surtout des piliers et/ou fondateurs de l'école) est tel que l'esprit de collégialité est sinon fragile en tous cas constamment à reconstruire
- le profil sociodémographique du milieu a suffisamment changé pour susciter une remise en question de certaines pratiques (ex: lecture n'est pas explicitement enseignée alors que les parents d'aujourd'hui n'ont peut-être plus le temps ou les compétences langagières pour combler la différence à la maison) de sorte que l'école pourrait bénéficier du temps d'arrêt que procure la démarche du plan de réussite ici prônée afin de vérifier si les buts poursuivis par les fondateurs de cette école sont encore compris/valides/partagés/...etc.
3 cas de figure
Un plan de réussite réussi amènera une école dite ordinaire à ressembler à une école dite alternative. Dans la mesure où il s'agit là d'un continuum (le pôle alternatif étant caractérisé par une culture de la collégialité et de la co-responsabilisation)

- l'école est déjà à gauche et ne montre pas de propension à glisser à droite; dans ce cas, la direction de l'école devrait centrer son équipe sur ce qui l'a amené là (ce n'est manifestement pas un plan de réussite qui a accompli cela) et empêcher que l'exercice légalo-administratif qu'elle doit produire ne nuise à cette culture enviable (la démarche ici prônée, si elle est scolairement remplie, fera tout à fait l'affaire au plan des obligations légalo-administrative);
- l'école est à gauche mais sent qu'elle glisse vers la droite; dans ce cas, la direction de l'école sera bien avisée de piloter le plan de réussite à la manière prônée sur le présent site;
- l'école n'est pas nommément alternative mais elle est déjà en mouvement vers la gauche et le moteur qui a provoqué ce mouvement n'est pas le plan de réussite; dans ce cas, c'est le premier cas de figure qui devrait prévaloir: empêcher que le bien ne s'avère l'ennemi du mieux.

P.S. L'auteur de ce site envoie ses enfants dans une école publique traditionnelle.
© Piquer à satiété avant de citer la source... n'est pas voler