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L'impact sur le rôle des élus au CÉ
En résumé...
Au mois de novembre 1999, au terme d'une enquête sur le fonctionnement des conseils d'établissement, le ministre de l'éducation affirmait que le CÉ «confirme lautonomie de lécole et permet aux parents de jouer un rôle encore plus stratégique en ce qui a trait à la qualité des services offerts».
Conseils et suggestions sont offerts en regard de ce rôle.
Une citation
en guise
d'apéro
Parmi les sujets les moins traités dans les écoles «(au plus six écoles sur dix les ont traités) : linformation à la communauté quant aux services offerts, lévaluation des services offerts.»
La source
Les conseils d'établissement: Regard sur une première année de fonctionnement (
rapport d'enquête)
Les détails...
L'enquête ci-haut, rendue publique le 24 novembre 1999, prend fin (en page 48) sur une note somme toute positive:
«En résumé, malgré leurs difficultés, la plupart des conseils détablissement se disent satisfaits de leur fonctionnement au terme de leur première année dexistence. Les réunions se sont bien déroulées dans lensemble et la première année est vue dabord comme une étape dadaptation et dapprentissage en prévision de lavenir.»
Un avenir vite arrivé
Le 18 décembre 2002, le projet de loi 124 venait (en partie) modifier le rôle des élus. Or c'est justement l'appropriation de ces nouveaux rôles qui s'est avérée l'aspect le plus problématique:
«Bien que la plupart des conseils détablissement assistent à des sessions de formation quils jugent utiles dans lensemble, plusieurs questions et difficultés demeurent. Les plus importantes concernent la compréhension et linterprétation de la loi ainsi que la compréhension des pouvoirs du conseil détablissement par rapport à ceux des autres instances. [...] Plusieurs conseils détablissement ont aussi de la difficulté à définir le rôle de chacun et de chacune des membres et, en conséquence, à trouver une forme dharmonie au sein du groupe. » (ibid. p. 47)
En théorie, ce rôle est clair.
En novembre 1999, dans le communiqué de presse annonçant l'enquête en question, le ministre de l'Éducation affirmait que le conseil d'établissement
«confirme lautonomie de lécole et permet aux parents de jouer un rôle encore plus stratégique en ce qui a trait à la qualité des services offerts».
Une déclaration pour le moins hâtive si on la juxtapose au tableau apparaissant en page 24:

Et plus précisément au fait que seulement 58,6% des conseils d'établissement ont traité l'item: «Évaluation des services offerts».
Le défaut inverse serait de chercher, désormais, à tout évaluer tout le temps. Dans son mémoire soumis le 28 novembre 2002 à la «Commission parlementaire de léducation sur le projet de loi 124 modifiant la Loi sur linstruction publique» la Fédération des comités de parents du Québec écrivait :
«le plan de réussite [...] doit certainement concerner tous les aspects de la vie de lécole.»
Ce serait une maladresse d'envisager l'évaluation sous cet angle. Le Conseil supérieur de l'Éducation, au sein duquel sont représentés les membres des conseils d'établissement,
Conseil supérieur de l'Éducation
« définit lévaluation institutionnelle ainsi: une démarche continue et concertée des acteurs concernés, qui conviennent formellement danalyser et dapprécier, en tout ou en partie, la réalisation de la mission éducative de leur établissement ou de leur secteur dintervention pour sajuster de façon continue à un environnement en constante évolution, fonder la prise de décision et pouvoir rendre compte à la société.» (
ref.)
Il y a là deux idées importantes:
1) il s'agit d'une «démarche concertée des acteurs concernés»; il n'y a donc pas d'obligation externe sur l'étendue de l'évaluation, sinon (en vertu de l'article 83 de la LIP) d'informer «annuellement les parents ainsi que la communauté que dessert l'école des services qu'elle offre et leur rend compte de leur qualité.»
2) on peut analyser «en partie la réalisation de la mission éducative», en l'occurrence (pour un plan de réussite) la partie qui répond à ces deux critères:
- il s'agit d'enjeux qui requièrent un travail d'équipe (contre-exemple typique: l'importance du goût de la lecture... si, en dernière analyse, cet enjeu finit par être porté par une seule intervenante dans l'école, soit la bibliotechnicienne, par le biais d'un projet bien précis n'impliquant pas directement les autres membres de l'équipe-école)
- il s'agit d'enjeux éducatifs (ex: l'importance d'inculquer à nos élèves une méthode de travail efficace) et non d'enjeux administratifs (ex: le climat de travail dans l'établissement ou encore d'éventuelles tensions entre le personnel et les parents, tous deux des enjeux qui appartiennent au plan d'action de la direction dans sa gestion du personnel et ou de ses relations avec les parents et la communauté)
De tels enjeux n'appartiennent pas à la sphère des pouvoirs dévolus au CÉ par le législateur. Le tableau illustré ci-haut se poursuit dans la page 25 du rapport d'enquête susmentionné, et complète la liste des pouvoirs dévolus aux CÉ:

En somme
Les élus aux conseils d'établissement doivent désormais «jouer un rôle encore plus stratégique en ce qui a trait à la qualité des services offerts», pour reprendre la déclaration du ministre de l'époque, un rôle qui se décline en 5 temps:
- dans un premier temps, il s'agit de procéder à une analyse des besoins des élèves (voir ici pour plus de détails)
- de se limiter, modestement, à un sous-groupe restreint de ces besoins (voir ici pourquoi il vaut mieux être modeste)
- d'identifier, pour chacune de ses besoins, un objectif formulé de telle manière qu'on puisse en évaluer l'atteinte ou non
- d'approuver (ou non) le plan de réussite après avoir délégué à l'équipe-école le choix des moyens ainsi que des modes d'évaluation
- de rendre des comptes à la communauté (et non plus à la CS ou au MEQ).
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