Sur cette page...

Lettre #2
Les TTT—ou la théorie des trois tiers

 
 
 
Commençons par écarter le premier tiers.

Il est composé des élèves qui progressent dans n'importe quel système éducatif, même le plus anémique.
Qui apprennent avec n'importe quel enseignant, même le moins inspirant.
Qui s'épanouissent sous n'importe quelle direction d'école, même la moins compétente.

Rien de ce qui occupe une direction d'école n'affecte ces élèves. Ni en bien ni en mal.

 
 
 
  • La direction planifie l'aide aux devoirs?
    Ces élèves s'en passeront.
  • Elle discute de classements?
    Ces élèves passeront.
  • Elle organise des activités?
    Ces élèves en ont vu d'autres.
  • Elle coordonne des plans d'intervention?
    Ces élèves n'en ont pas.
  • Elle promeut des changements/réformes?
    Ces élèves s'en moquent.
 
 
 
Le savoir aura beau se décupler, la pluralité culturelle se complexifier, la famille se réinventer, les TIC proliférer, les attentes des employeurs s’alourdir, ces élèves sauront, dans la vraie vie, mobiliser leurs savoirs, des savoirs de moins en moins appris à l'intérieur des murs de l'institution scolaire.
 
 
 

À l'autre extrémité se trouve le tiers le plus sensible aux actions de la direction d'école:

  • ceux, justement, qui ont besoin de l'aide aux devoirs
  • ... et/ou dont le classement est problématique
  • ... et/ou qui dépendent de l'école pour leur exposition à la culture
  • ... et/ou qui mobilisent l'ortho, la psy, les «tables multi-services», ...etc.
  • ... et/ou qui font l'objet de bulletins adaptés et du discours sur la différenciation
  • ...etc.
 
 
 

En 1990, dans une revue de la littérature scientifique intitulée «Les facteurs qui façonnent une bonne école», le Ministère de l’Éducation du Québec identifiait six facteurs qui affectent directement la réussite des élèves.

Voici les trois premiers (extrait des pages 72 et 73):

  • Non seulement l’établissement scolaire doit avoir des objectifs, mais ceux-ci doivent être explicites, cohérents et formulés avec une grande clarté.
  • Tout le personnel de l’école, les élèves et, dans toute la mesure du possible, les parents eux-mêmes doivent avoir eu l’occasion de discuter de ces objectifs et de les faire leurs.
  • De même, ces objectifs doivent avoir marqué de leur empreinte l’ensemble de l’établissement scolaire et, notamment son curriculum, sa pédagogie, le matériel didactique qu’il utilise, l’évaluation des élèves qui le fréquentent et la discipline qui y règne.
 
 
 
La recherche empirique parvient toujours à la même conclusion: une bonne école est dirigée par une bonne direction.
 
  • Seule elle peut s'assurer que les objectifs sont explicites, cohérents et formulés avec clarté.
  • Seule elle peut favoriser les échanges et coordonner les efforts.
  • Seule elle peut orchestrer de façon cohérente le curriculum, la pédagogie, le matériel didactique utilisé, l’évaluation des élèves et la discipline qui règne dans l'école.

Et seul le tiers le plus vulnérable peut véritablement en souffrir si la direction de l'école échoue dans l'une ou l'autre de ces entreprises.

 
 
 
Il reste le tiers du milieu.

Pour le cerner, ce tiers, il serait bon de commencer par cerner ce que fait au juste une direction d'école.

Chacun sait ce que fait un boucher, un dentiste, un enseignant.

Mais que fait au juste une direction d'école? Comment ferions-nous pour décrire notre métier à un extra-terrestre fraîchement débarqué sur terre?

 
 
 

En 1999, dans la revue Le point en administration scolaire, Philippe Perrenoud soumettait que

«La spécificité du métier de chef d’établissement, c’est de travailler sur le métier des enseignants et le métier des élèves».(>texte complet)

Comment s'y prend-il? En travaillant...

 
 
...sur leurs conditions d’exercice, les crises, les difficultés, les enjeux, les ressources en termes de formation, de clarté des objectifs et des règles du jeu, de climat, d’environnement, d’espaces, de structuration du temps, de moyens matériels, de culture commune, de lieux et de méthodes de résolution de problèmes, de lieux et de temps d’échanges. Métier de relation et d’organisation, certes. Mais on aurait tort d’oublier qu’il a une substance : le travail des maîtres et des élèves, leurs relations. Il ne suffit pas d’aider les uns et les autres à vivre en bonne intelligence. Tous ont des tâches à accomplir et le rôle du directeur va au-delà du bon fonctionnement : il est garant aussi de l’efficacité et du renouveau de l’action pédagogique.
 
 
 

En somme, toutes les interventions pédagogiques ne se valent pas... et c'est en favorisant les plus efficaces, par enseignants interposés, que la direction de l'école touche le tiers du milieu.

 
 
 
Le lien avec le plan de réussite?
 
Réalisation: Amine Tehami
© Piquer à satiété avant de citer la source... n'est pas voler
 
Vous êtes ici: Accueil > Lettres à une jeune direction d'école Lettre #2
page rédigée le 21 fév. 2004
mise à jour le 06 novembre 2007
Plan de réussite 101  Plan du site Origine du site