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Lettre #1
Que veux-tu entendre lors du discours soulignant ton départ à la retraite?

 
 
 
Les discours soulignant une prise de retraite sont particulièrement fréquents ces jours-ci.

Ces discours se suivent et se ressemblent. Invariablement, ils tournent autour de deux thèmes:

  1. Ah! comme le temps file
  2. & ce dont on se souviendra le plus de notre collègue, c'est...

Ces trois petits points, à la manière d'une pierre tombale, vont droit au coeur de la substantifique moelle d'une carrière d'un tiers de siècle.

Ces 2-3 paragraphes, tel ce film accéléré qu'on est censé voir défiler juste avant une mort subite, sont révélateurs moins pour ce qu'ils disent que pour ce qu'ils ne disent pas.

Ils ne disent presque jamais rien des prouesses administratives... si ce n'est pour vanter quelque délinquance imaginative.

Ils ne disent presque jamais rien de ce qui occupe une part hélas grandissante de notre travail:

  • les réunions innombrables,
  • les luttes pour gagner le soutien parental,
  • le traitement du courrier,
  • la recherche de marges de manoeuvre,
  • les relations de travail,...etc.
 
 
 
Et c'est normal: nous sommes aisément remplaçables (et vite oubliés) dans nos fonctions administratives.
 
 
 
Ce dont on se souvient de nos collègues retraités, c'est précisément ce qui est irremplaçable en eux.

C'est ce qui disparaît avec leur départ.

Ce peut être une idée fixe et directrice, un souci constant, une compétence distinctive, ...etc.

Mais quoi?
Et le sait-on soi-même?

 
 
 

On est tenté ici de paraphraser cet extrait d'une Lettre à un jeune poète de Rainer Maria Rilke:

 
 
[...] Cherchez en vous-mêmes. Explorez la raison qui vous commande d'écrire; examinez si elle plonge ses racines au plus profond de votre coeur; faites-vous cet aveu : devriez-vous mourir s'il vous était interdit d'écrire. Ceci surtout : demandez-vous à l'heure la plus silencieuse de votre nuit; me faut-il écrire ? Creusez en vous-mêmes à la recherche d'une réponse profonde. Et si celle-ci devait être affirmative, s'il vous était donné d'aller à la rencontre de cette grave question avec un fort et simple "il le faut", alors bâtissez votre vie selon cette nécessité; votre vie, jusqu'en son heure la plus indifférente et la plus infime, doit être le signe et le témoignage de cette impulsion.
 
 
 
Une paraphrase qui donnerait ceci:

Cherchez en vous-mêmes. Explorez la raison qui vous commande de diriger une école; examinez si elle plonge ses racines au plus profond de votre coeur; faites-vous cet aveu : conserveriez-vous votre poste s'il vous était permis de devenir millionnaire?

Et si oui, pour accomplir quoi au juste?

Une fois trouvée la réponse à cette dernière question, dirigez votre carrière en fonction d'elle; vos journées, jusqu'en leurs heures les plus routinières, doivent être au service de cette réponse.

 
 
 
Le lien avec le plan de réussite?
 
Réalisation: Amine Tehami
© Piquer à satiété avant de citer la source... n'est pas voler
 
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page rédigée le 25 jan. 2004
mise à jour le 06 novembre 2007
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