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Les convictions à la source du présent site... et ses ambitions
Une réflexion
en guise
d'apéro
«[...] une sorte de naïveté normative a été présente dans toute la littérature sur la planification: des croyances confiantes concernant ce qui est le meilleur, fondées sur une ignorance de ce qui marche vraiment dans la réalité.»
La source
Henry Minztberg, 1994, dans Grandeur et décadence de la planification stratégique, Paris: Dunod, p. 237.
conviction # 1
Nos valeurs et nos croyances influencent beaucoup nos actions et nos parolesà commencer par le contenu de ce site.
conviction # 2
Un credo candidement explicité vaut mieux quun credo quon doit décoder à partir d'indices équivoques.
conviction # 3
Pour saisir un credo, on na encore rien trouvé de mieux que laxe politique droite/gauche.
conviction # 4
Le plan de réussite est né à droite.
Les valeurs qui le fondent sont celles de l'industrie: la concurrence, la quête defficience, la rationalité analytique des managers, la satisfaction des clients, limputabilité et la transparence devant les investisseurs, ...etc.
conviction # 5
Lorsqu'elles sont abusivement transposées au monde scolaire, au mieux, ces valeurs perdent de leur sens, au pire, elles peuvent nuire aux élèves.
conviction # 6
Deux d'entre elles peuvent être transposées avec profit au monde scolaire:
- la gestion par résultats,
- la responsabilisation.
conviction # 7
Pour que ces valeurs soient transposées avec profit, les partenaires doivent partager une compréhension de la reddition de comptes
- fondée sur l'obligation de moyens (l'école ne disposant pas de suffisamment de leviers pour être tenue complètement responsable des résultats)
- portant sur la mise en oeuvre des moyens jugés prometteurs par la recherche empirique (tous les moyens ne se valant pas, l'école a donc la responsabilité de coller d'aussi près que possible aux connaissances les plus fiables en «sciences» de l'éducation) ...
- ... compte tenu des ressources disponibles.
conviction # 8
Une valeur managériale qui ne pourra jamais être transposée au leadership dans le monde scolaire (Mintzberg est d'avis qu'elle n'est déjà pas valide dans l'industrie), c'est la rationalité analytique.
conviction # 9
Une image qu'on ne doit jamais perdre de vue: les yeux roulés au plafond lorsque des directions d'école (mues par des impératifs légaux, nourries de grilles universitaires et poussées par des échéanciers de C.S.) prononcent des mots comme projet éducatif et plan de réussite devant des enseignants.
conviction # 10
Une donnée empirique qu'on ne doit jamais perdre de vue: la poussière que récoltent dans nos écoles, depuis 1979*, les innombrables projets éducatifs et plans d'action sans oublier les énergies qui n'ont par conséquent pas été consacrées à faire réussir un seul élève de plus.
* Date d'apparition des mots projet éducatif dans le paysage éducatif québécois:
«Le projet éducatif est une démarche dynamique par laquelle une école, grâce à la volonté concertée des parents, des enseignants, des élèves et de la direction, entreprend la mise en oeuvre d'un plan général d'action.»
Source: L'école québécoise, Énoncé de politique et plan d'action, M.E.Q., 1979
conviction # 11
Au Québec, à ma connaissance, il existe actuellement trois approches pour aborder le plan de réussite:
- l'approche dominante en administration scolaire (inspirée de l'approche MBA)
- celle que prône la firme DISCAS
- et celle que défend Claude Paquette.
conviction # 12
Ces approches se distinguent, notamment, par
- le fait qu'elles encouragent ou non des objectifs de résultats dans le projet éducatif
- le fait qu'elles soient fondées sur une logique analytique (l'hémisphère gauche abordant la planification comme un problème méthodologique/scientifique dont le succès dépend de la mobilisation du personnel) plutôt que synthétique (l'hémisphère droit l'abordant comme un problème politique dont l'enjeu ultime est la mobilisation du personnel, pas la recherche rationnelle des meilleurs moyens pour faire réussir le plus grand nombre d'élèves)
conviction # 13
Le présent site partage avec
- Claude Paquette la logique synthétique
- et avec l'approche dominante en administration scolaire le goût pour des objectifs mesurables
Schématiquement:
Le pari, pour ce site...
...c'est de réussir la juxtaposition que Mintzberg résumait en 1976 (dans la Harvard Business Review) avec ce titre accrocheur: Planifier à gauche et gérer à droite.
Planifier avec l'hémisphère gauche, c'est recourir à des indicateurs quantifiables et rigoureux; gérer avec l'hémisphère droit, c'est miser sur son intuition et ses habiletés politiques pour provoquer un changement de culture organisationnelle.
Les liens avec la réforme
La réforme est jugée une bonne chose; cette réforme se déploie, simultanément:
- au plan de la théorie de l'apprentissage (fondée notamment sur le socioconstructivisme)
- au plan du curriculum (avec notamment le virage des compétences)
- au plan de la culture scolaire (caractérisée notamment par la décentralisation et la co-responsabilisation)
- au plan de l'organisation du travail (fondée notamment sur des cycles pluriannuels)
- au plan des pratiques administratives (fondées notamment sur la gestion par résultats)
La réforme, dans cette perspective, est inextricablement liée au plan de réussite.
Ce site aura atteint ses buts...
...si les cadres qui s'en inspirent:
- sont capables de parler de leur projet éducatif sans tendre la main vers la chemise qui l'abrite
- sont capables de distinguer objectifs et moyens;
Il aura dépassé ses buts...
...si les cadres qui s'en inspirent le trouvent utile pour
- élargir le champ des compétences du personnel dans leur école
- provoquer un début de changement dans la direction de la culture de la co-responsabilisation dans leur école.
© Piquer à satiété avant de citer la source... n'est pas voler