Une citationL'article 37 précise seulement que les orientations
«visent l'application, l'adaptation et l'enrichissement du cadre national défini par la loi, le régime pédagogique et les programmes d'études établis par le ministre»;
schématiquement

Comme en fait foi l'extrait des États généraux cité en exergue, ce sont des catégories complexes qui «peuvent avoir des sens très différents selon les personnes qui les utilisent» et qui, par conséquent, risquent de contribuer des orientations équivoques.
Si, par exemple, les enjeux liés au volet qualifier sont jugés...
... le projet éducatif ne les mentionnera mais cela ne veut pas dire qu'ils ne se feront pas.
(Même si plupart des projets éducatifs sont muets sur l'anglais, une des clés pour ouvrir de nombreuses portes culturelles / sociales / économiques, ces écoles n'en déploient pas moins d'importants efforts pour inculquer cette langue seconde à leurs élèves.)
Au lieu d'une logique peinture-par-numéros (i.e., quelle couleur locale allons-nous choisir pour remplir chacune des trois cases de la mission de l'école québécoise), on sera mieux avisé de considérer le cadre national comme un réservoir d'idées d'orientations, une trentaine d'idées en fait.
À titre d'exemple, une école dans un quartier défavorisé (i.e., faible motivation, domination de la culture orale et peu de familles qui possèdent un ordinateur)...

... pourrait prioriser ces trois orientations (la motivation, la langue française et l'informatique), notamment parce qu'elle juge que ce sont des problématiques qu'il vaut mieux affronter en partenariat/cohérence/...etc., sans avoir à se demander laquelle au juste est de l'ordre de l'instruction, de la socialisation ou de la qualification.
Le mot deéduquer ou instruire? Instruire ou éduquer? On sait que le débat est sans fin. Il y a dun côté la logique inflationniste: les adultes vivent dans le monde du chacun pour soi, mais ils comptent sur la bonne volonté des maîtres pour restaurer à la fois le "vivre ensemble", le "respect dautrui" et l"intégration républicaine" via léducation des jeunes générations. Et de lautre côté, il y a la logique déflationniste, qui témoigne des mêmes angoisses, mais qui renverse la demande: puisque les comparaisons internationales portent sur les disciplines de base, ceux qui veulent monter très vite dans les classements réclament moins lexpansion de lécole que son repli sur linstruction élémentaire. Tant dambivalence pourrait nous irriter si nous navions pas nos propres contradictions. Car nous-mêmes, nous disons que les parents "démissionnent" lorsquils ne font pas leur travail éducatif, mais sils gardent leur fiston à la maison au lieu de lenvoyer "vivre ensemble" au camp vert, nous trouvons quils sinquiètent trop. En fait, nous sommes comme tout le monde: nous aimons bien léducation dautrui, à condition quelle ressemble à la nôtre.