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3 précisions sur la notion d'indicateurs

 
 

En résumé...

À quoi reconnaît-on un élève qui maîtrise la langue française? Aux traces qu’il laisse dans son bulletin? Si oui, ces traces (des chiffres, des lettres, de longs paragraphes, peu importe) sont des indicateurs. Le défi est de trouver des indicateurs pour des apprentissages qu’on ne retrouve pas habituellement dans le bulletin (ex: la créativité).
 
 
Une citation
en guise
d'apéro

 
« La publication des indicateurs poursuit un objectif de reddition de comptes, c’est-à-dire diffuser des données précises sur les ressources allouées à l’éducation, les différentes activités du système scolaire et les résultats obtenus. 
L’établissement des indicateurs de l’éducation au Québec s’inscrit dans un mouvement plus vaste. Le Conseil des ministres de l’Éducation (Canada) a lancé des programmes d’indicateurs pour les provinces canadiennes; l’OCDE a fait de même pour les pays membres, et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a aussi publié une série d’indicateurs sur l’éducation dans le monde. Le Québec participe activement à ce mouvement mondial, puisque sa première publication d’indicateurs de l’éducation remonte à 1986.»
 
 
La source
> Le texte complet est disponible dans la section Statistiques du site du MEQ
 
 

Les détails...

Ce peut être aussi simple qu'une note au bulletin... ou aussi compliqué qu'un séminaire de doctorat:
 
 

1) Ce que c'est

Un indicateur n'est autre chose qu'une sonde qui permet de suivre l'évolution d'une variable: cette sonde prolonge nos sens et précise leur perception cette variable, ce peut être:
 
  • la vitesse d'un moteur,
  • le climat de sécurité dans une cour d'école,
  • le pH d'une piscine,
  • la maîtrise d'une langue,
  • ...etc. 

La maîtrise d'une langue ?!?

Eh! oui: les traces que laisse un élève dans son bulletin (des pourcentages, des lettres, des commentaires nuancés, peu importe), ces traces donc ne sont autre chose que des indicateurs de son niveau de maîtrise.

Une langue française bien maîtrisée, cela se voit ou s'entend... tout comme la vitesse d'une voiture se sent, s'entend ou se voit. Sauf que la note au bulletin, à la manière d'un indicateur de vitesse, vient enrichir et préciser notre seule perception.

 
 

2) Ce que ça ne doit pas devenir

Au-delà des indicateurs de résultats (en l'occurrence scolaires), des experts comme Louise Gaudreau nous apprennent qu'il existe
 
  • des indicateurs d'impact
  • des indicateurs de performance
  • des indicateurs de rendement
  • des indicateurs de réussite
  • ...etc.

Ce qui soulève aussitôt des questions pointues du type: mais quelle peut bien être la différence entre des indicateurs de résultats et des indicateur de réussite?

On serait bien avisé d'éviter de tels excès méthodologiques, le genre d'excès qui nous attiraient récemment cette flèche depuis Genève: 

«Les nouvelles idéologies de la gestion publique, la religion des indicateurs et de la reddition de comptes deviennent l'alpha et l'oméga du débat sur les politiques de l'éducation. Le Québec ne jure plus que par les "plans de réussite".» (Philippe Perrenoud, 2003)

Restons outre-Atlantique pour entendre, de l'expert écossais John MacBeath, cet appel à la raison:

«Il faut apprendre à mesurer les éléments auxquels on accorde de la valeur au lieu d’accorder de la valeur aux éléments qu’on peut facilement mesurer.»

 
 

3) Ce à quoi cela peut ressembler

À quoi les écoles accordent-elles de la valeur pour leurs élèves?

Essentiellement

  1. aux savoirs, i.e., les compétences disciplinaires: l'acquisition d'un vocabulaire riche et diversifié, la maîtrise d'une langue écrite de qualité, la maîtrise de la lecture, des mathématiques, des sciences, de l'histoire, de l'anglais, …etc.
  2. aux savoirs-agir, i.e., les compétences transversales: la capacité à exploiter l'information, à résoudre des problèmes, à exercer son jugement critique, à mettre en œuvre sa pensée créatrice, à se donner des méthodes de travail efficaces, à exploiter les TICs, à structurer son identité, à coopérer, à communiquer de façon appropriée.
  3. aux savoirs-être, i.e. aux dimensions du métier d'élève non explicitement couvertes par le programme de formation (ex: l'élève autonome et responsable, l'élève curieux et motivé, la rigueur, l'engagement, le sens de l'effort...etc.). 
  4. aux enjeux macroscopiques (ex: le climat de sécurité dans et autour de l'école, le taux d'absentéisme, le taux d'élèves présentant un retard, le taux de décrochage, ...etc.).

MacBeath nous enjoint d'apprendre à mesurer ces quatre familles d'enjeux, ce qui n'est guère simple.

 
 

1) savoirs &
2) savoirs-agir

Les deux premières représentent le défi majeur des prochains mois: l'appropriation des échelles de compétence.
 
 

3) savoirs-être

La troisième (les dimensions du métier d'élève comme la curiosité) nous invite à (re)découvrir l'évaluation critériée:
 
  • à quels critères, idéalement observables, reconnaît-on un élève curieux?
  • par quel mécanisme va-t-on amener les membres d'une équipe-école à partager des compréhensions minimalement convergentes de ces critères?
  • par quelles modalités va-t-on colliger puis analyser nos observations (de ces manifestations de la curiosité) pour finir par porter un jugement sur la qualités des moyens déployés en vue de mousser la curiosité?
 
 

4)  enjeux macroscopiques

Enfin et non le moindre, la quatrième famille d'enjeux appelle à un peu plus de transparence (puis de la reddition de comptes) sur des données (ex: taux de décrochage ou climat de sécurité) qu'on voudrait tantôt cacher (parce que nous n'en sommes que partiellement responsables après tout) tantôt critiquer (lorsque ces donnés sont produites par le MEQ ou les CS, avec toutes les imperfections que la distance peut induire).
 
 

En somme

Le monde scolaire pourrait s'exclamer, à la manière de monsieur Jourdain: 

«Par ma foi, il y a plus de quarante ans que je dis [des indicateurs] sans que j’en susse rien, et je vous suis le plus obligé du monde de m’avoir appris cela.»

Le défi est de persister dans cette voie tout en l'élargissant 

  • aux enjeux autres que l'école valorise désormais: les savoirs-faire, les savoirs-être...
  • de même qu'aux enjeux macroscopiques jadis produits par le MEQ ou les CS mais dont une école peut désormais prendre possession et nuancer selon ses particularités. 
 
Réalisation: Amine Tehami
© Piquer à satiété avant de citer la source... n'est pas voler
 
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page rédigée le 4 nov. 2003
mise à jour le 06 novembre 2007
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