1. La réforme = trois défis lancés à l'école:
* Instruire à lère du savoir ?!?
* Socialiser dans une société ouverte & moderne ?!?
* Qualifier 100% dune génération ?!?
2. Le projet éducatif = la réponse (locale et temporaire) à cette question
3. Le plan de réussite = la vérification périodique de l'adéquation entre la question et la réponse proposée.
Une réflexion«Dans tout groupe de choses contribuant à un effet commun, la majeure partie de l'effet est attribuable à un nombre relativement faible de ces choses.»
Les Américains ont une expression éloquente: «the vital few and the useful many».
Les manuels de « gestion 101 » le disent dans le langage universel80/20lorsqu'ils évoquent le fameux principe de Pareto: lidée que 20% des efforts disponibles suffiraient à produire 80% des résultats escomptésà condition de trouver ces 20% déterminants!
Et l'animateur de (se) demander: mais..., quel était le malaise à l'origine de toutes ces prescriptions?
Dans son Cours d'économie politique (1896, 1897), il a soumis que cette iniquité obéissait à une équation du type log N = log A + m log x
où N désigne le nombre de personnes dont les ressources excèdent un montant x, A et m étant des constantes.
Une génération plus tard, Joseph Juran (1904-), un des fondateurs du mouvement connu sous le nom de «total quality management», faisait un lien avec sa propre intuition à l'effet que les gestionnaires seraient bien avisés de toujours distinguer les «useful many» des «vital few».
Imaginons que la tempête d'idées (mettons pour mousser la motivation des élèves) ...
... génère une longue liste de moyens sans doute fort utiles: du décloisonnement, des semaines thématiques, des projets intéressants, des intentions de diversification, un tableau d'honneur et de récompenses... et tutti quanti.
La réunion terminée, cet enseignant replonge dans ses affaires. Une demi-heure plus tard, il y a fort à parier qu'il se souvient... de 20% des items sur cette liste.
Pendant ce temps, le comité de pilotage s'affaire à compiler les idées énoncées.
Deux semaines plus tard, au moment où le plan de réussite est envoyé à l'imprimerie, c'est au tour des membres du comité de pilotage de ne se souvenir que de 20% des moyens retenus, et pas des mêmes items en plus.
L'été passe.
La rentrée amène des visages nouveaux.
La direction de l'école est-elle alors capable de leur communiquer, de mémoire,
À défaut de pouvoir les verbaliser spontanément, elle risque de leur distribuer toute la liste des «useful many».
La mémoire étant ce qu'elle est, aidée de ce que l'on sait des rentrées scolaires... le risque est hélas! grand que ce travail prometteur finisse par être tabletté.
À propos de la motivation scolaire par exemple, la recherche empirique nous apprend qu'ils sont au nombre de quatre:
Une équipe-école serait donc bien avisée de n'embrasser que peu de changements si elle veut les étreindre avec force, rigueur et surtout persistance.
Autrement dit: si elle veut qu'ils soient efficaces.
Mais lesquels choisir?
Peu importe: le moins menaçant, le plus familier, ... l'essentiel est d'apprivoiser la posture d'un professionnel de l'apprentissage:
«lurgence consiste à ouvrir la réflexion et à semer le doute beaucoup plus quà avancer rapidement vers une solution praticable. Je ne suis évidemment pas contre les solutions praticables lorsquelles sont possibles. Mais je suis contre les pseudo solutions qui ne règlent rien sur le fond et nont dautre fonction que de rassurer linstitution jusquau moment où elle devra bien constater que les problèmes demeurent et quon a perdu son temps.»