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Comment favoriser la maîtrise de la langue française?

 
 

En résumé...

Si on se fie à la recherche empirique, les moyens les plus efficaces sont ceux qui enseignent explicitement des stratégies d'acquisition du vocabulaire, de lecture, d'écriture, ... Quelques exemples concrets et réalisables sont proposés.

 
 
«S'il est un aspect qui fait consensus chez l'ensemble des participants aux audiences publiques, c'est bien celui de faire de la maîtrise du français la priorité absolue en matière d'éducation» 
 
 
La source
États généraux sur l'éducation, chapitre 3
 
 

Les détails...

S'il est une tempête d'idées qui génère habituellement beaucoup de propositions de moyens, c'est bien celle qui vise l'orientation la plus populaire: la maîtrise de la langue française.

Cette récolte abondante génère elle-même son lot de questions:

  1. doit-on tout faire?
  2. devra-t-on tout évaluer?
  3. sinon, comment établir des priorités? 

Les réponses courtes sont, respectivement:

  1. tout dépend qui est «on»
  2. pas si on veut tirer des leçons
  3. en se demandant si le moyen envisagé respecte ce critère vital: l'élève est actif dans ses apprentissages
 
 
 

Détaillons ces réponses une à une, en commençant par la dernière

Que savons-nous au juste sur la proactivité dans l'apprentissage d'une langue?

Dans une recension de la recherche empirique publiée dans Vie pédagogique n° 101, Claude Simard de l'Université Laval dégage plusieurs leçons.

Selon cette recension, un élève actif serait:
 

  • invité à produire du sens (pas des bonnes réponses)
  • engagé dans ses situations complètes et complexes (pas une succession de tâches morcelées et hyper spécialisées)
  • attentif aux processus qu'il utilise au moins autant qu'au produit final
  • à l'aise de pouvoir se tromper, hésiter, tâtonner, recommencer, explorer...

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Dans le programme de formation, on apprend que cet élève actif passe son temps à développer des stratégies

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3 exemples

Examinons cette notion au moyen d'exemples précis de moyens liés: 

  1. à l'enrichissement du vocabulaire
  2. à la compétence à lire
  3. à la compétence à écrire

1. Pour provoquer une prise de conscience chez les enseignants sur l'inutilité de l'enseignement direct du vocabulaire, voir cet exemple ouvert dans une nouvelle fenêtre.

2. Jocelyne Giasson, la sommité en matière de difficultés en lecture, propose un exercice inoubliable pour prendre conscience de l'importance de certaines stratégies de lecture. 
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3. Simard nous le rappelait plus haut,

pour apprendre [...] à écrire, il faut avoir souvent l'occasion [...] d'écrire des textes. 

À cette injonction qui va de soi, on pourrait ajouter deux conseils contre intuitifs: l'importance de la nouvelle grammaire et le rôle de la pédagogie du projet.
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Une querelle sans fin

Voilà pour la réponse détaillée à la troisième interrogation soulevée plus haut: parmi tous les moyens que nos tempêtes d'idées ont générés, quels moyens devrions-nous privilégier?
Réponse: ceux qui impliquent activement l'élève dans l'apprentissage de stratégies

  • d'acquisition du vocabulaire
  • de lecture
  • d'écriture

Il se peut que de telles approches soient éloignées des pédagogies actuellement pratiquées.

Dans ce cas, (et pour reprendre la première interrogation: doit-on tout faire?), il vaudrait mieux effectuer un partage des tâches.

Un plan de réussite peut agir selon quatre axes: la salle de classe, l'établissement au complet, les liens avec la famille de même que les collaborations avec les ressources communautaires. 

La tempête d'idées féconde susmentionnée peut avoir généré plusieurs idées intéressantes impliquant les trois derniers axes (ex: un service de dépistage des difficultés en lecture, du décloisonnement pour y remédier, des ateliers à l'intention des parents, des liens accrus avec la bibliothèque municipale, ...etc.).

 
 

Quel est mon crédo?

Quant au volet classe, on serait bien avisé de... 

1) ... limiter les moyens au nombre qu'il est réaliste de demander à chaque enseignant, concrètement, compte tenu de la distance entre ses pratiques actuelles et l'idéal décrit plus haut. En clair et en bref: un seul changement.

Exemple:

  • l'an 1: moi, enseignant, je m'engage (en vertu de LIP-22.7°: Il est du devoir de l'enseignant de respecter le projet éducatif de l’école) de me former en enseignement explicite des stratégies de lecture
  • l'an 2: je m'engage à les enseigner à mes élèves, ces stratégies
  • l'an 3: je m'engage à vérifier qu'ils les mobilisent et s'en servent lorsqu'ils butent à une difficulté.
     

2) ... se limiter à évaluer ces trois éléments et rien d'autre:

  • l'an 1: est-ce que les enseignants se sont formés?
  • l'an 1: est-ce que les élèves connaissent les stratégies?
  • l'an 3: s'en servent-t-ils? ... et, en dernière analyse, est-ce que la proportion d'élèves compétents en lecture a augmenté?.
 
 

La vertu des petits pas

Il vaut mieux se limiter à cela dans la mesure où la recherche empirique nous dit que ces moyens ont plus de probabilité d'affecter à la hausse la performance de nos élèves. 
 
Réalisation: Amine Tehami
© Piquer à satiété avant de citer la source... n'est pas voler
 
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page rédigée le 4 fév. 2004
mise à jour le 06 novembre 2007
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