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Les modalités d'encadrement: un mode d'emploi
En résumé...
Plusieurs fois par jour, nos élèves se rebellent face à des tâches, dorment sur leur pupitre ou, pire encore, affichent des masques nous faisant croire qu'il sont attentifs. Aucun changement traditionnel ne réglera cette situation. Seul peut le faire un changement sur les représentations mentales, un travail de longue haleine qui passera par la formation continue et qui prendra au moins la durée de vie du plan de réussite pour faire voir ses fruits.
Une réflexion
en guise
d'apéro
«À la suite des États généraux sur léducation, la loi 180 de 1997 a introduit dans la Loi sur linstruction publique lobligation pour chaque école de se doter dune politique dencadrement des élèves. [...]
Voilà que pour faire place au plan de réussite, on biffe carrément cette obligation. À notre avis, ceci constitue un net recul. [...] Cet encadrement nest-il pas un facteur important de réussite? Et na-t-on pas décrié depuis longtemps le fait trop répandu que les élèves, particulièrement au secondaire, sont trop laissés à eux-mêmes? [...]
Cest au nom des parents et de nos jeunes que nous réclamons de rétablir lobligation pour lécole de prévoir des mesures reliées à lencadrement des élèves tel que nous lavons recommandé précédemment dans la formulation suggérée de larticle 37.1.
Enfin, nous voyons un autre avantage à linsertion des modalités dencadrement des élèves dans le plan de réussite. Larticle 83 prévoit que les parents seront informés du plan de réussite et de latteinte des objectifs visés; du même coup, ils seront au fait de ce qui est entrepris par lécole pour assurer un bon encadrement de ses élèves.»
La source
> Diane Miron
présidente de la Fédération des comités de parents du Québec; extrait de l'avis de la FCPQ sur le projet de loi 124
Les détails...
Que devrait-on inclure, au chapitre des modalités d'encadrement, dans son plan de réussite?
Trois réponses sont possibles.
1. Une interprétation légalo-minimaliste
Rappelons l'article 37-1.1°:
Le plan de réussite de l'école comporte :
1° les moyens à prendre en fonction des orientations et des objectifs du projet éducatif notamment les modalités relatives à l'encadrement des élèves
2° ...
Prise au pied de la lettre, la LIP semble dire
Les modalités d'encadrement sont un sous-ensemble des moyens (cf. notamment)
Comme il s'agit des moyens propres aux objectifs visés, on peut se limiter au sous-ensemble des modalités d'encadrement qui sont directement au service des objectifs visés (cf. en fonction)
Schématiquement:
À titre d'exemple...
...une école qui vise une augmentation du taux de réussite de ses élèves en lecture pourrait mentionner: des moyens comme former les enseignants dans l'enseignement explicite de la lecture des mesures d'encadrement comme les services de récupération ou d'aide aux leçons
2. Une interprétation maximaliste
On pourrait invoquer la disparition de l'article 75 de la LIP:
Le conseil détablissement approuve la politique d'encadrement des élèves proposée par le directeur de l'école. Cette politique doit notamment prévoir des mesures relatives à l'utilisation à des fins pédagogiques et éducatives du temps hors enseignement et hors horaire, l'aménagement d'activités parascolaires et le développement de moyens pour favoriser la réussite scolaire des élèves.
(Depuis le 18 décembre 2002, l'article 75 se limite à ceci: «Le conseil détablissement approuve le plan de réussite de l'école et son actualisation proposés».)
Cette disparition pourrait justifier une lecture maximaliste de l'article 37-1.1°. Autrement dit, on pourrait être tenté d'inclure la totalité des mesures d'encadrement aux plans pédagogique personnel et social.
Cette seconde interprétation comporte (au moins) deux risques:
- celui de rendre le chapitre des moyens tellement étoffé que l'évaluation de leur efficacité (i.e., le fondement de l'opération) en devienne trop complexe, voire infaisable
- et celui de plonger le conseil d'établissement dans des complications légales; pour ne citer que deux exemples, l'encadrement social (qui comprend des activités parascolaires) et l'encadrement personnel (qui comprend des services complémentaires) sont aussi régis par deux articles bien présents dans la LIP:
- art. 87: Le conseil d'établissement approuve la programmation proposée par le directeur de l'école des activités éducatives qui nécessitent un changement aux heures d'entrée et de sortie quotidienne des élèves ou un déplacement de ceux-ci à l'extérieur des locaux de l'école.
- art. 88: Le conseil d'établissement approuve la mise en oeuvre proposée par le directeur de l'école des programmes des services complémentaires et particuliers visés par le régime pédagogique et déterminés par la commission scolaire ou prévus dans une entente conclue par cette dernière.
3. Une interprétation politico-stratégique
L'article 74 de la LIP demande au conseil d'établissement d'analyser la situation de l'école, principalement les besoins des élèves, ...
Il est possible de classer les besoins des élèves en deux grandes catégories.
Il y a ceux qui estiment que l'élève a besoin
- d'AVOIR tel type et/ou tel niveau de services
- d'AVOIR tel type d'organisation scolaire
- d'AVOIR tel type d'approche pédagogique
- ...etc
& ceux qui estiment que l'élève a besoin
- d'ÊTRE compétent en telle discipline ou tel savoir-faire ou tel savoir-être
- d'ÊTRE capable de tel rendement
- d'ÊTRE en mesure de faire ceci ou cela (notamment dopérer des transferts)
- ...etc
Ce site explique ici pourquoi les besoins de type avoir sont incompatibles avec la logique de l'évaluation qui sous-tend le plan de réussite.
Autrement dit, ce site encourage de retenir les besoins de type être comme candidats potentiels pour le chapitre orientations de conserver les besoins de type avoir pour venir enrichir le chapitre modalités d'encadrement.
Schématiquement,

Pourquoi l'appeler ainsi?
Cette troisième interprétation (qui englobe la première) est
- politique, dans la mesure où elle permet de répondre de manière plus exhaustive à une pression parentale importante (comme en témoignent et l'extrait de l'avis soumis par la FCPQ et les attentes exprimées localement lors de l'analyse de situation)
- stratégique, dans la mesure où elle permet de concilier les attentes parentales (LIP-74) avec la logique de l'évaluation et de la reddition de comptes (LIP-83).
Quelle interprétation choisir?
Voilà une occasion toute indiquée de rappeler l'article 64 de la LIP:
Toute décision du conseil d'établissement doit être prise dans le meilleur intérêt des élèves.
Donc de rappeler qu'un plan de réussite n'est ni une liste d'épicerie (plus elle sera longue et plus on se montrera rassasié) ni un plan d'affaires abusivement transposé au monde scolaire.
Le mieux qu'on puisse attendre de lui, et c'est déjà beaucoup, c'est de contribuer à transformer la culture de nos écoles.
On sera donc bien avisé de choisir l'interprétation qui aidera le plan de réussite à provoquer le passage d'une culture tayloriste à une culture de la responsabilisation collective.
© Piquer à satiété avant de citer la source... n'est pas voler