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Le droit à l'erreur, voire l'échec

 
 

En résumé...

Dans tout processus d'apprentissage, car c'est de cela qu'il s'agit ici, le droit à l'erreur est crucial. Sans lui, sans un coussin de sécurité pour nous accueillir si on se trompe, sans les ailes de la confiance pour nous élever hors du connu, on risque de ne vouloir affronter que des problématiques triviales ou n'accepter de se fixer que des cibles faciles. Tous les partenaires, parents compris, doivent donc viser le meilleur mais accueillir le pire avec philosophie. Pas le tolérer ou le déplorer.
L'accueillir. 
 
 
Une citation
en guise
d'apéro

 

«L'expérience, nom dont les hommes baptisent leurs erreurs.»  
 
 
La source
> Oscar Wilde
 
 

Les détails...

Récapitulons le second chapitre du plan de réussite—les modes d'évaluation: 
 
  • Pourquoi évaluer? Non pas tant pour porter un jugement sur l'efficacité de nos moyens que pour contribuer à instaurer une culture de la responsabilisation collective
  • Quoi évaluer? Pour chaque objectif, son atteinte & la mise en œuvre du principal moyen-classe; détails...
  • Comment évaluer? Selon qu'il s'agit
    • de l'atteinte de l'objectif: ce peut être des examens portant sur des savoirs, des évaluations portant sur des savoir-faire (ex: compétence à coopérer), des observations critériées portant des savoirs-être (ex: motivation) ou encore des enquêtes portant sur des enjeux macroscopiques (ex: climat de sécurité, au moyen du QES ou encore le taux d'absentéisme); détails...
    • de la mise en œuvre du principal moyen-classe associé: l'enjeu consiste à laisser des traces (ex: dans un portfolio) de gestes (ex: projets d'élèves signifiants et complexes) qui se déroulent derrière une porte fermée.
 
 

Jacques Plante, un expert en évaluation de programmes dans le monde scolaire, de l'Université Laval, nous rappelait déjà en 1993 que:

«L'évaluation est quelque chose qui s'apprend. Ainsi que pour tout apprentissage, il faut se donner le droit à l'erreur. Ici, ce qui distingue l'erreur de la catastrophe, c'est souvent la grandeur du territoire sur lequel se répercute cette même erreur. Beaucoup de bonnes méthodes de gestion et d'évaluation se sont perdues parce qu'on avait omis ce principe. S'accorder le droit à l'erreur, cela signifie qu'il faut commencer petit, «se faire la main» et tirer leçons de ses erreurs avant de généraliser à tout le système.»

(Pages 79-80 de ce collectif de Denis Massé.)

 
 

L'échec (à atteindre nos cibles) est une quasi certitude, pour au moins trois raisons

  1. l'effet véritable de pratiques nouvelles sur nos élèves est observable au mieux trois ans après l'amorce de ces pratiques, soit au lendemain de l'échéance du présent plan de réussite (voir ce diaporama pour les détails)
  2. si entre-temps effet il y a, cet effet risque d'être dû à une série de facteurs dont le contrôle nous échappe: erreurs d'échantillons, impondérables (ex: effet d'épreuve et/ou de cohorte), évolution des instruments d'évaluation (ex: A-B-C-D vers échelles de compétence), évolution de l'approche même en évaluation, ...etc.
  3. le but officiel de l'évaluation (porter un jugement sur l'efficacité de nos moyens) diffère du but réaliste et souhaitable: modifier la culture dans nos établissements; et ce changement culturel ne se prête pas aisément à la logique des indicateurs et des cibles (explications).
 
 

L'erreur qui s'ignore

Le plus grand échec serait donc celui qui s'ignore: sur le tableau de bord, les indicateurs sont positifs (rien n'empêche les facteurs échappant à notre contrôle de se liguer en notre faveur), tant et si bien que nos rapports sont émaillés de «bonhommes sourire» mais sur le terrain, point d'évolution des mentalités et de la culture.

Pourquoi insister sur l'erreur avant même que l'encre n'ait séché sur nos plans de réussite? Ne serait-ce pas rabat-joie et défaitiste si les pilotes de la démarche annoncent déjà son échec?

Au contraire. Si on veut donner des chances aux finalités non explicites (en tous cas pas dans la LIP) de l'évaluation—i.e., un changement de culture, il est vital au minimum de sentir qu'on peut se tromper.

Au mieux, on bénéficiera d'un climat où l'audace, donc l'erreur, est valorisée. Sans un tel climat, sans un coussin de sécurité pour nous accueillir si on se trompe, sans les ailes de la confiance pour nous élever hors du connu, on risque de ne vouloir affronter que des problématiques triviales ou n'accepter de se fixer que des cibles faciles.

 
 
 
L'erreur ne se fait jamais sans heurts, certes, mais personne qui n'atteindra pas les cibles annoncées dans son plan de réussite ne connaîtra le sort qui a fini par abattre Oscar Wilde—deux ans de travaux forcés!
 
Réalisation: Amine Tehami
© Piquer à satiété avant de citer la source... n'est pas voler
 
Diffusion
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page rédigée le 18 fév. 2004
mise à jour le 01 novembre 2007
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