Sur cette page...

Comment «tenir compte»?!? du plan stratégique de sa CS

 
 

En résumé...

En théorie, le plan de réussite d’une école pourrait n’avoir aucun point commun avec les orientations ciblées par sa Commission scolaire. Mais si l’école se reconnaît dans l’une d’elles (ex : la lutte au décrochage) et choisit quand même de cibler d’autres priorités, elle « pourrait contrevenir à la loi».
 
 
Une citation
en guise
d'apéro

 
«Illustrons la complémentarité entre une orientation du plan stratégique d’une commission scolaire et une orientation du projet éducatif […] au moyen d’un exemple très partiel.
[…]
La Commission scolaire de la Montagne constate […] que la moitié de ses écoles […]accueillent annuellement un nombre important de nouveaux arrivants et que ceux-ci éprouvent certaines difficultés, en
français notamment […]
Elle décide donc d’inscrire à son plan stratégique une orientation et un objectif en ce sens.
• L’école du Phare […] accueille un très petit nombre de nouveaux arrivants, entre deux et cinq annuellement depuis les six dernières années, et leur intégration se fait naturellement. Le projet éducatif de l’école du Phare ne contient pas d’orientation à cet effet.
• L’école de l’Envol […]accueille chaque année une centaine de nouveaux arrivants. Leur intégration est compliquée. Les enfants ont de la difficulté en français même s’ils vivent au Québec depuis déjà quelques années. Le conseil d'établissement décide, malgré ce constat, de ne pas se donner d’orientation en cette matière, jugeant que d’autres priorités sont plus pressantes, et de réexaminer cette question l’année suivante. En agissant ainsi, l’école de l’Envol, par son projet éducatif, ne respecte pas une orientation du plan stratégique de la Commission scolaire de la Montagne et pourrait contrevenir à la loi.»
 
 
La source
> texte complet de la brochure rendue publique le 7 mars 2003 par le MEQ
 
 

Les détails...

Pour qu'une école puisse tenir compte du plan stratégique de sa CS, trois conditions doivent être réunies, dans l'ordre et toutes les trois:
 
 

1. Le plan stratégique de sa CS a tenu compte des enjeux en matière de réussite (LIP:209.1)

Parmi les plans stratégiques actuellement publics, certains semblent rédigés dans un style «pré-124»: il s'agit pour l'essentiel (i.e., une fois soustraites les déclarations de mission, de vision et de valeurs rassembleuses) d'un recueil des plans d'action des services; une école peut moins en «tenir compte» qu'en bénéficier; à titre d'exemple, une école peut difficilement «tenir compte»
 
  • d'une «orientation» comme créer une synergie dans notre organisation dans le contexte de la décentralisation et de la responsabilisation
  • ou d'un «objectif» comme favoriser la diversification des modes d’organisation de l’enseignement et faciliter le passage entre les différents parcours de formation ou encore soutenir les établissements dans l’évolution des pratiques pédagogiques en fonction des principes de la réforme
 
 

2. Le plan stratégique de sa CS ne se limite pas aux indicateurs nationaux (retard scolaire, persévérance, taux de réussite et de diplômation, ...etc.).

Lorsqu'il s'y limite, et il semble que ce soit le cas dans quelques CS, le CÉ peut moins «tenir compte» du plan stratégique que s'assurer que l'école se compare favorablement aux écoles dites comparables eu égard à ces indicateurs—à défaut de quoi, pour respecter l'esprit de la LIP, le CÉ doit encourager des cibles en ce sens (explications); à titre d'exemple, dans l'un de ces résultats attendus, le plan stratégique d'une CS annonce que pour chacun des indicateurs nationaux, chacun des établissements de la commission scolaire devrait être en progression par rapport à la moyenne qui caractérise son niveau socio-économique.
 
 

3. Le plan stratégique de sa CS comporte des objectifs portant sur des enjeux de réussite (autres que ceux que recouvrent les indicateurs nationaux).

Les écoles ont souvent tendance à rédiger des objectifs qui sont en fait des moyens (ex: diversifier nos approches pédagogiques; détails).

Lorsque les CS en font autant (ce qui est attendu d'elles, étant donné leur rôle), leurs écoles pourront difficilement «tenir compte» d'objectifs de gestion comme

  • assurer une relève compétente apte à répondre aux nouvelles exigences
  • accroître la disponibilité et la diffusion de l’information pour l’amélioration de la gestion pédagogique et administrative
  • soutenir le développement des compétences de nos ressources humaines développer et mettre en place des outils et des procédures susceptibles d'améliorer l'efficacité et l'efficience de notre gestion ...etc.
 
 

Quatre enjeux difficilement contournables

Quatre enjeux de gestion que l'on retrouve dans presque tous les plans stratégiques, soit
 
  • la formation continue du personnel, notamment enseignant
  • des environnements sains, sécuritaires et stimulants
  • l'ouverture sur la communauté
  • la complicité avec les parents

devraient en principe faire partie de tous les plans de réussite au Québec:

  • le premier parce qu'il constitue le nerf de la guerre du plan de réussite,
  • le second parce qu'il constitue une obligation légale en vertu de LIP 37-1-1° (le plan de réussite de l'école comporte les moyens à prendre en fonction des orientations et des objectifs du projet éducatif notamment les modalités relatives à l'encadrement des élèves; détails)
  • les deux derniers parce qu'ils constituent deux des quatre axes d'intervention ici suggérés.
 
 

Que faire lorsque sa CS satisfait aux trois conditions susnommées?

Parmi les plans stratégiques actuellement publics (i.e., au mois de mai 2004), une dizaine semblent rédigés de manière qu'une école puisse effectivement en «tenir compte».

Ces plans annoncent bel et bien des résultats attendus pour certains enjeux de réussite (ex: écarts garçons-filles).

De son côté, l'école doit analyser ses propres résultats eu égard à ces enjeux.

Si l'école

  • s'estime en deçà des cibles fixées par la CS (cibles qui ont été construites avec la contribution de la direction de l'école, en vertu de LIP-96.25)
  • et si elle ne peut invoquer de priorités encore plus criantes (ou encore préalables à l'atteinte de ces cibles)

... elle pourra difficilement justifier l'absence de ces enjeux dans son plan de réussite.

 
 

Des exemples à travers
le Québec.

Au moment de rédiger ces lignes (mai 2004), les plans stratégiques ci-après satisfaisaient aux trois conditions susmentionnées:
 
  CSaffluents CScapitale CSdecou CSdhr CSduroy CSlaval CSlbp CSmb CSphares CSvt
maîtrise de la langue maternelle     3.1   1.1.1   1.3 1.1 et 1.3   1.4
écarts garçons-filles         1.1.8     3.1 1.3 2.1
langue seconde au primaire     4.1              
mathématiques     4.1     4.1 1.2      
exploration professionnelle     5.3 2.1            
motivation                   1.3
absentéisme                   2.3
comportements déviants       4.1            
activité physique         1.1.4          
maîtrise des TICs         3.2.1          
taux de persévérance au Cégep           3.5        
compétences transversales 1.2                  
implication dans la vie (para)scolaire   2.3 et 3.4                
horizon (inter)culturel               2.4    
 
 
 

Dans le tableau, x.y réfère à l'orientation #x, objectif #y du plan en question.

Il va sans dire que les directives locales priment sur l'interprétation qui est proposée ici.

 
Réalisation: Amine Tehami
© Piquer à satiété avant de citer la source... n'est pas voler
 
Analyse
Vous êtes ici: Accueil > Analyse > Liens avec le plan stratégique de sa CS
page rédigée le 14 mai 2004
mise à jour le 01 novembre 2007
Plan de réussite 101  Plan du site Origine du site