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Pourquoi les besoins de type AVOIR sont incompatibles avec la démarche du plan de réussite
En résumé...
Typiquement, lanalyse de situation identifie des besoins de type « avoir » (
plus dordinateurs, par exemple). De tels besoins se prêtent mal à la logique de l'évaluation. Partant d'eux, on finira par comptabiliser le nombre d'ordinateurs achetés... plutôt que leur niveau de maîtrise par les élèves. On sera mieux avisé de partir des besoins de type « être » (
capable de maîtriser linformatique, par exemple).
Une réflexion
en guise
d'apéro
«Que sait-on maintenant sur lapprentissage qui fait quon ne peut plus enseigner comme avant? [
] 1. On apprend avec les autres [
] 2. Tout le monde napprend pas de la même façon ni au même rythme [
] 3. Lapprentissage requiert une activité de la part de la personne qui apprend [
] 4. Une personne apprend à partir de ses représentations [
] 5. Un bon apprenant maîtrise sa démarche dapprentissage. 6. Une connaissance ou une habileté apprises sont utilisables dans tous les contextes [
] 7. On apprend mieux lorsquon est dans un environnement stimulant [
] 8. On apprend lorsque les apprentissages proposés ont du sens et quon leur accorde de la valeur [
] 9. On apprend en créant [
].»
La source
Luce Brossard, Vie pédagogique n° 100, septembre-octobre 1996, p. 30-33
Les détails...
Il est possible de classer les besoins des élèves en
deux grandes catégories. Il y a ceux qui estiment que l'élève a besoin
- d'AVOIR tel type et/ou tel niveau de services
- d'AVOIR tel type d'organisation scolaire
- d'AVOIR tel type d'approche pédagogique
- ...etc
& ceux qui estiment que l'élève a besoin
- d'ÊTRE compétent en telle discipline ou tel savoir-faire ou tel savoir-être
- d'ÊTRE capable de tel rendement
- d'ÊTRE en mesure de faire ceci ou cela (notamment dopérer des transferts)
- ...etc
La premières catégorie
est tentante...
Tout milite en faveur de l'approche AVOIR :
- les documents et outils (mis à la disposition des C.É.) qui ont résulté de larges consensus
- les habitudes mentales des intervenants scolaires, habitués qu'ils sont à gérer des ressources, des organisations, des projets, du concret
- plusieurs des projets éducatifs récemment rénovés
- toute la société de consommation dans laquelle nous opérons semble encourager l'approche AVOIR.
En soi, si on la considère isolément, cette approche ne pose aucun problème. En tous cas, on peut difficilement lui reprocher d'être insouciante des intérêts de l'élève.
La seconde catégorie
est préférable
À l'inverse, imaginons que l'analyse révèle des enfants convenablement stimulés mais peu autonomes et relativement passifs face à leurs apprentissages. De sorte que lélève typique (pas les plus doués ni les EHDAA, l'élève qui se situe dans la bonne moyenne) a besoin d'ÊTRE méthodique.
- Du coup, on peut annoncer, en guise d'orientations: notre école privilégie lacquisition dune bonne méthode de travail intellectuel.
- Puis ceci comme objectif: augmenter le % d'élèves ayant atteint l'échelon X dans l'échelle de niveaux de cette compétence.
- C'est seulement alors que les moyens se distinguent clairement de l'objectif. Exemples : s'approprier l'échelle de niveaux de cette compétence, inviter tel conseiller pédagogique ou tel formateur externe, former les enseignants et les PNE, les accompagner, soutenir le transfert dans leur pratique, créer un cercle de partage professionnel, décloisonner les groupes d'élèves,
etc.
- Quant aux modes d'évaluation, on peut imaginer ceci: administrer la grille d'observation tant de fois par année et colliger les résultats selon les modalités X.,
etc.; porter un jugement sur les moyens retenus.
En somme...
Des analyses existantes,
- il convient dextraire ce que l'élève n'EST pas suffisamment, selon votre jugement et vos bases de données
- en guise d'orientations (2 ou 3 au maximum), il sagit de décrire ce que vous souhaitez que votre élève SOIT d'ici 3 ans
- en guise d'objectifs, il sagit de nommer les manifestations observables, évaluables, attendues de cet élève
puis cherchez à augmenter la proportion d'élèves qui SERONT comme cela
- en guise de moyens, il sagit didentifier les mesures, projets, formations, aménagements,
etc. que vous comptez mettre en uvre pour vous rapprocher de l'horizon annoncé en 2) et décrit en 3)
- en guise de modes d'évaluation, il sagit de décrire l'instrument que vous comptez utiliser pour vérifier que vous vous êtes effectivement rapproché de cet horizon (essentiellement les grilles d'observation retenues en 3)
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