Pour la deuxième année consécutive, l’école secondaire Cavelier-De LaSalle (LaSalle) mise sur le mentorat pour contrer le décrochage scolaire. Une vingtaine de membres du personnel sont jumelés à autant d’élèves, avec qui ils font du sport, partagent un repas ou discutent du dernier concert rock qu’ils ont vu. Les résultats n’ont pas tardé : tous les jeunes de la première cohorte sont de retour à l’école cette année et la majorité ont augmenté leurs résultats de façon significative.
Le programme Grands frères et grandes sœurs émane du forum lasallois sur la persévérance scolaire. Il bouillonnait également depuis quelques années dans la tête de Julie Lavigne et de Richard Guillemette, respectivement directrice de l’école Cavelier-De LaSalle et directeur général adjoint à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB). L’an dernier, 16 élèves de deuxième secondaire ont été sélectionnés selon des critères précis, le tout chapeauté par le professeur de psychoéducation Pierre Potvin, chercheur à l’Université du Québec à Trois-Rivières. « Ce sont des jeunes moins motivés qui n’avaient pas un grand attachement à l’école, explique Julie Lavigne. Nous voulions leur offrir l’opportunité d’être jumelés à une personne en qui ils ont confiance. » Depuis qu’on leur a attribué un mentor en fonction de leurs intérêts, l’assiduité des élèves en classe ne pose plus problème. Ultimement, la direction de l’école souhaite que les jeunes choisis soient suivis jusqu’à la fin de leurs études secondaires.
Les activités du programme peuvent prendre de multiples formes, d’une joute de soccer à un après-midi passé aux arcades. Parfois, il peut simplement s’agir de conversations informelles entre le mentor et le jeune. L’objectif est qu’il puisse développer des liens avec un adulte qui l’inspire, en dehors du cadre scolaire. « Cela peut mener à des échanges personnels enrichissants pour les deux parties », dit Julie Lavigne. Fait à noter, les adultes, qui s’impliquent bénévolement, n’exercent pas une relation d’autorité directe avec les élèves. Ce sont des enseignants ou du personnel de soutien qui ne seraient normalement pas en lien avec les enfants.
Si les retombées du programme sont toujours à l’étude, les premières données recueillies réjouissent les instigateurs. Les notes sont en hausse chez 60 % des élèves impliqués dans le projet. Tous poursuivent également leur parcours scolaire cette année. « Notre premier but était que les jeunes viennent à l’école et s’y sentent heureux. C’est donc mission accomplie en ce sens », conclut Richard Guillemette.
Photo : Samuel Robidoux peut compter sur l’enseignant de français Jean-François Latreille pour l’accompagner dans diverses activités à l’extérieur du cadre scolaire.